Une parenthèse dans l'atelier de Louise de Contes
Pour Louise de Contes, l'album jeunesse est un espace de liberté où chaque lecteur, petit ou grand, peut projeter sa propre histoire. Entre deux coups de crayon et une ascension imaginaire, elle nous confie comment ses mots et ses images s'assemblent pour nous faire rêver et grandir.
Quel a été votre parcours avant de devenir auteure illustratrice ? Avez-vous toujours voulu faire ce métier ?
J'ai fait des études artistiques, au lycée j'étais en double option arts plastiques, puis j'ai été un an à l'école supérieure des beaux arts de Toulouse, j'ai ensuite fait un master en arts visuels. J'ai toujours aimé dessiner et notamment, ce que je voyais autour de moi, dans un mélange de réalité et d'imaginaire. J'avais toujours un petit carnet avec moi sur lequel j'écrivais et dessinais des aventures, plus ou moins ordinaires. C'est la rencontre avec un conteur : Philippe Sizaire, qui a été le point de départ de mon premier album : Le lac Yishihama, Philippe a écrit le texte, que j'ai illustré, nous avons par la suite fait trois autres albums ensemble. Puis les projets se sont enchaînés.
Quel est votre processus créatif et comment se passe la réalisation de vos livres jeunesse ?
Je commence par m'imprégner du texte, des images naissent et je fais des essais des personnages. Parfois, cela va très vite et après avoir fait un chemin de fer et des crayonnés, je me lance rapidement dans les planches définitives.
Pourquoi vous êtes-vous particulièrement dirigée vers l'écriture et l'illustration d'albums jeunesse ?
J'aime dessiner et mon dessin est plus orienté jeunesse (traits naïfs), donc naturellement, c'est vers la littérature jeunesse que je me suis orientée, mais pour moi, les albums jeunesse sont pour tous, ils parlent de sujets aux enfants, et bien souvent ces sujets sont universels et peuvent aussi parler aux adultes.
Qu'est-ce qui vous plaît dans l'écriture jeunesse ?
J'essaie d'apporter un regard poétique sur le monde, et de le transmettre aux lecteurs et lectrices, les plonger dans un univers de mots et d'images qui font rêver, réfléchir, et grandir.
Y a-t-il une raison particulière au fait d'avoir choisi un environnement animalier et montagnard dans votre album "Traverser les montagnes" publié aux éditions Gypaète ?
Je suis plus à l'aise pour dessiner les animaux, et pas trop les humains, donc dans beaucoup de mes livres, ce sont des animaux qui incarnent les personnages des histoires, parfois des animaux anthropomorphes, des têtes d'animaux avec des corps humains, parfois, des animaux qui ont des postures humaines.
"Traverser les montagnes" parle de la perte, une perte que j'ai vécu personnellement, et raconte une quête. La métaphore des montagnes m'est venue naturellement lorsque j'ai voulu traduire ce que j'ai ressenti dans les étapes et le ressentis de cette perte. Ce sentiment de grandeur infranchissable, les hauts et les bas, les montées et les descentes, physiques et mentales.
Y a-t-il un message derrière ce dernier livre ? Si oui, laquelle ?
Tous les livres délivrent des messages. Ce que j'ai voulu avec "Traverser les montagnes", c'est que ce livre puisse s'adresser à tous, que chacun y déchiffre le message qui correspond à son histoire personnelle, que ce soit un enfant de 3 ans, un grand enfant ou un adulte.