Echange avec Sébastien Sarraude

Echange avec Sébastien Sarraude

Écrivain rigoureux et amoureux de sa région, Sébastien Sarraude signe une nouvelle aventure palpitante au pied des Pyrénées avec Gavarnie, le dernier rempart. Dans cet échange, il évoque son travail de recherche historique et l'inspiration derrière cette opération spéciale qui bascule au drame. Plongez dans une atmosphère électrique où le danger rôde à chaque page et où la grande Histoire rencontre la fiction.

 

Vous signez votre 4ème polar chez les Editions Gypaète.Après les décors du Pays Basque et de l’Aragon, vous placez l’intrigue au cirque de Gavarnie. Est-ce un décor que vous affectionnez particulièrement ?

Le cirque de Gavarnie est forcément un site qui ne laisse pas indifférent. Victor Hugo lui-même a écrit sur le cirque, il est classé par l'Unesco donc il a quelque chose de très particulier. Je l'ai découvert jeune adolescent à la faveur de camps jeunes, pour l'été en randonnées ou l'hiver lors de camps ski. J'en garde de très bons souvenirs.

Le cirque de Gavarnie s’impose au-delà du paysage dans votre intrigue. Comment avez-vous travaillé cette atmosphère minérale pour en faire un huit clos sous tension ?

Je n'ai pas eu à forcer, l'ambiance à Gavarnie s'impose à vous. Que ce soit la population locale qui est d'abord méfiante et qui peut paraître de prime abord bourrue, ou la rusticité du climat, du paysage accidenté, tout laisse à penser que la nature décidera d'elle-même si vous passerez un bon ou mauvais séjour. Je me suis déjà retrouvé bloqué par la neige, impossible de monter au village ou encore de quitter un chalet car la voirie n'était pas encore passée. Le site dicte sa loi, et ma foi, c'est pas mal comme ça. Les personnages locaux de mon livre se dépensent sans compter, habitués à crapahuter partout quelque soit la météo, tels des isards, car ils vivent dans cet environnement exigeant depuis toujours, sans forcément se plaindre. Ils ont immanquablement des caractères forts.

Cet ouvrage ne déroge pas à votre signature : des recherches très poussées sur le terrain, ce maillage serré entre action trépidante et rigueur historique est-il devenu votre marque de fabrique ?

J'ai le souci de bien faire et je ne veux rien laisser au hasard. Raison pour laquelle je veille à ce que mon histoire qui se mêle à un site clairement identifié, soit plausible. Je refuse l'à-peu-près, même si je ne suis pas infaillible. J'étudie donc le terrain et son histoire, je veille à correspondre le plus scrupuleusement possible à l'époque évoquée. Oui c'est peut-être ma marque de fabrique... je devrais peut-être lâcher la pression de temps en temps…

Entre la Seconde Guerre mondiale dans ce roman et les conflits espagnols abordés dans vos précédents romans, peut-on dire que vous êtes avant tout un passionné d’Histoire ?

J'aime l'Histoire et en particulier la Seconde Guerre mondiale, il est vrai. Enfant déjà, j'étais captivé par les films de guerre : Tora ! Tora ! Tora !, la Bataille de Midway, Le Pont de la rivière Kwaï, et Le Jour le plus long. La Septième Compagnie, ça ne compte pas.

L’histoire démarre par une opération alliée qui tourne au drame et implique directement les habitants. Comment avez-vous abordé la psychologie de ces personnages locaux confrontés à l'arrivée soudaine de la division allemande ?

J'ai abordé l'arrivée de cet incident fictif dans la vallée avec les forces en présence: la Résistance naissante, les collabos, les passeurs, les forces d'occupation, l'administration française sous tutelle, les villageois perdus au milieu, ne demandant qu'à vivre le moins mal possible. J'ai donc effectué beaucoup de recherches sur les différents courants de l'époque, aidé en cela par les témoignages des uns et des autres. L'arrivée des renforts allemands se devait d'être un choc, un affrontement de caractères bien trempés.

Quel message avez-vous imaginé laisser à vos lecteurs lorsqu’ils refermeront ce “dernier rempart” ?

Je veux que les lecteurs comprennent que la patience et l'intelligence gagnent souvent, malgré l'horreur. Il ne faut jamais baisser les bras et toujours se battre avec ses propres armes, réfléchir et être efficient même face à un ennemi bien plus fort sur le papier. Il ne faut pas perdre de vue l'objectif final, quoi qu'il en coûte. Churchill serait d'accord avec moi, je pense.

 

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